Le journal de quatre automatisations construites, utilisées, puis finalement supprimées. Pourquoi chacune a été construite, ce qui l'a fait échouer, et par quoi elle a été remplacée.
Artefact anonymisé, contexte client et mission supprimé.
Le journal des échecs est l’un des documents les plus utiles du vault. Construire quelque chose, c’est facile. Reconnaître qu’on l’a construit, utilisé, puis supprimé, et comprendre exactement pourquoi, c’est là que se trouve le vrai apprentissage.
Automatisation 1 : notes de réunion auto-résumées (supprimée à la semaine 6)
Construite pour résumer automatiquement toutes les notes de réunion client à l’aide d’un prompt fixe. Supprimée parce que le prompt fixe produisait des résultats uniformes qui évacuaient les nuances propres au contexte. Les résumés étaient exacts mais pas utiles : ils ne distinguaient pas une note où le client était d’accord d’une note où le client était d’accord mais visiblement pas convaincu. Remplacée par : un gabarit de note structuré où l’humain fait la première passe de taxonomie avant que l’IA n’y touche.
Automatisation 2 : digest de briefing quotidien (supprimée au mois 3)
Construite pour agréger l’actualité sectorielle du jour en un briefing en cinq points chaque matin. Supprimée parce qu’elle optimisait la mauvaise chose : elle produisait un briefing que je lisais au lieu de travailler. Le briefing était bon ; l’habitude qu’il créait ne l’était pas. Remplacée par : un balayage manuel hebdomadaire de deux sources précises. Moins automatisé, plus utile.
Automatisation 3 : générateur de sections de proposition (supprimée au mois 7)
Construite pour générer des premiers jets de sections de proposition à partir d’un brief structuré. Supprimée parce que les résultats, bien que plausibles, créaient un nouveau problème d’édition : nettoyer un texte généré par IA qui sonnait juste sans l’être tout à fait prenait plus de temps que d’écrire à partir de zéro une fois le brief clarifié. Remplacée par : l’usage de l’IA uniquement pour la structure (titres, squelette de l’argument), avec un texte entièrement rédigé par l’humain.
Automatisation 4 : traqueur de relances client (supprimée au mois 11)
Construite pour suivre les engagements clients ouverts et générer des brouillons de messages de relance. Supprimée parce qu’elle appliquait un style de relance uniforme à des relations qui exigeaient un traitement différencié. L’automatisation était techniquement correcte ; les résultats étaient professionnellement erronés. Remplacée par : rien. Certaines relances doivent être écrites à la main.
Le pattern commun aux quatre : chaque automatisation a été supprimée non pas parce qu’elle était défaillante, mais parce qu’elle optimisait l’efficacité là où l’efficacité n’était pas la contrainte limitante. Le traqueur de relances était rapide ; la relation exigeait du soin. Le digest de briefing était exhaustif ; l’habitude exigeait de la sélectivité. Construisez pour le vrai goulot d’étranglement, pas pour le théorique.
Pas de calendrier. Pas de remplissage. Pas de placement sponsorisé. Une nouvelle réalisation part uniquement quand elle mérite dix minutes de votre temps, en général toutes les 2 à 4 semaines.
"Je ne vous enverrai que ce que j'aurais écrit même si personne ne me payait pour ça. Le jour où ça change, la newsletter s'arrête."